Olyrix.com - 10th of may 2020
Après un premier enregistrement discographique consacré à Claude Debussy et Jacques Ibert, l'Ensemble Reflets propose un nouvel album mettant en miroir des œuvres de Franz Liszt et Lili Boulanger intitulé « Visions poétiques ». Ventoux-opera.com, 9 May 2020
Le label Calliope Records sort l'album Visions poétiques de l'ensemble Reflets, alors que le monde ose glisser le nez dehors après deux mois d’arrêt. La formation de musique de chambre, réuni autour de la pianiste Marie-Laure Boulanger, met en miroir des littératures de Franz Liszt et de Lili Boulanger. La pianiste poursuit sa vie musicale, inscrite dans la transmission. Pizzicato - 3rd of June, 2020
Visions Poétiques is the title chosen by Ensemble Reflets for its new album with compositions by Franz Liszt and Lili Boulanger. The Trois Sonnets de Pétrarque were published by Liszt for piano or for piano and voice. The French-Canadian pianist Marie-Laure Boulanger has written an arrangement for soprano, piano, flute and viola. It definitely brings new colours to the music and thus clearly adds value. With her light, flexible soprano voice Magali Léger proves to be a good interpreter of this music. She is able to shape the dramatic moments without pathos just as appropriately as the more intimate, lyrical and tender passages. I especially like the way the viola caresses the voice. It’s just a pity that you can’t understand a word of the singing. The Romance oubliée is played very sensitively by the violist Françoise Douchet and the pianist Marie-Laure Boulanger, who delivers a sensitive and brilliantly played version of the Bénédiction de Dieu dans la Solitude. The second part of the CD with works by Lili Boulanger (1893-1918) begins with the two charming piano pieces D'un vieux Jardin and D'un Jardin Clair, which Boulanger plays with fine nuances.... Toulouse Musical Review
"With the Bayonne-Côte Basque Regional Orchestra, Fauré's Ballade was a real delight. Only such an interpreter could feel and express the delicacy of the musical argument so naturally. The young pianist M. L. Boulanger sufficiently distinguished herself from the ensemble, but she played the soloist's part with exemplary discretion. She held us under the charm of her malleable and voluptuous sound up until the end of the marvelously distilled arpeggios." Ouest-France
"A sublime concert from Marie-Laure Boulanger at the Hermitière Festival. This young virtuoso interpreted Schubert, Chopin, Debussy and Ravel with infinite emotion, mixing delicacy and power." Ouest-France
"Chopin was magnificently interpreted at the Prieuré St Michel: M. L. Boulanger at the piano and P. Vieille-Cessay on the cello knew how to put the virtuosity and sensitivity of the composer in evidence. Their interpretation revealed the qualities of these two artists to the public." Horizons 2000
"Marie-Laure Boulanger came to give us a demonstration of her accomplished virtuosity. Her technique and charm were faultless in a perfectly expressed Chopin. Consumate artistry, facile fingers, and a solid training." Le Deauville
The Villers Chamber Music Festival began with brio: it welcomed the young musical prodigies Marie-Laure Boulanger at the piano and David Gabel on the violin who were confirmed virtuosi, destined without any doubt to have a great career." Lions du Nord
"This young artist proved her great technical mastery in performing a varied repertoire, from classical to contemporary, where she was able to show the extent of her style with a full and contrasted sound throughout the interpretation." Le Perche
"Marie-Laure Boulanger gave a display of her virtuosity on Friday evening. This young artist honoured the masters of classical and contemporary music in a concert given in the François Gardens. A mixture of charm and technicality resulted in a successful interpretation that captivated the audience." La Montagne
"A piano concert enhanced with poetry. Marie-Laure Boulanger: an extremely sensitive artist… Her interpretation of Schumann's Carnival was light while at the same time full of passion, just like the score." Midi Libre
"Marie-Laure Boulanger gave us an ample display of her technique. Her vigorous style is often highly virtuosic. An artist with much potential whose evolution should definitely be followed."

Rencontre avec Marie-Laure Boulanger, pianiste par Bruno Alberro - 9 Mai 2020
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Le label Calliope Records sort l'album Visions poétiques de l'ensemble Reflets, alors que le monde ose glisser le nez dehors après deux mois d’arrêt. La formation de musique de chambre, réunie autour de la pianiste Marie-Laure Boulanger, met en miroir des littératures de Franz Liszt et de Lili Boulanger. La pianiste poursuit sa vie musicale, inscrite dans la transmission.

D’aucuns rêvent de gloire, celle de courir vers les salles de concerts les plus prestigieuses, d’autres font leur bonhomme de chemin une fois leur voie trouvée. Enseigner et transmettre, ces deux verbes prennent toute leur signification dans la bouche de la pianiste Marie-Laure Boulanger, bien que son nom ait marqué des scènes françaises ou étrangères, qu’elle se produise toujours en concert et plus volontiers en musique de chambre, qu’elle ait gravé un premier disque solo en 1997, consacré à Liszt, à Rachmaninov, Debussy ou Fauré. Elle dit rarement l’écouter en soulignant qu’elle jouerait différemment aujourd’hui, tout en rappelant si nécessaire, sous forme d’adage : « Un disque est un instantané et il correspond à un moment. Ça n’empêche pas d’être très critique à mon égard. Il existe plusieurs périodes dans la vie d’un pianiste. »

Depuis, Marie-Laure Boulanger a trouvé d’autres sources pour épancher sa soif musicale, elle assure que ses élèves prennent une part importante de sa vie professionnelle. Que chaque élève la nourrit. C’est le ressenti de Marie-Laure Boulanger qui enseigne au conservatoire de Paris IXe. Tiens, tiens ! il porte le nom des deux sœurs Nadia et Lili Boulanger. Si le hasard n’existe pas, les coïncidences font bien les choses.

Professeur ne signifie pas que ces heures au clavier, ou à conseiller, consistent à préparer ses élèves aux concours à venir ou simplement aux auditions de fin de trimestre. Elle garde des images émues de ses professeurs dont elle parle avec faconde et reconnaissance qui ont jalonné son parcours. Un parcours marqué depuis ce vendredi 8 mai par la sortie du deuxième opus de l’ensemble Reflets. Un CD où, comme en 2013 pour restituer l’univers de Debussy et Ibert, la voix de la soprano Magali Léger rejoint les couleurs de la formation de musique de chambre afin de mettre en miroir les littératures de Franz Liszt et de Lili Boulanger. Dire que Marie-Laure Boulanger a une préférence pour cette époque romantique ou post-romantique est un doux euphémisme. Avec des préférences dont Liszt. On s’en doutait. Elle s’explique : « Sa vie est plus inspiratrice que celle de Chopin et il y a en lui le questionnement de l’artiste. »

Reflets prend sa source dans l’association Piano Cantate, que la pianiste a créée en 2007, où Marie-Laure Boulanger s’est entourée de compositeurs comme Nicolas Bacri ou Alexandre Benéteau qui en assure la présidence. Dans Piano Cantate, elle fusionne deux passions enfantines, chant et clavier : « Reflets est un ensemble à géométrie variable. Nous avions sorti un premier disque en 2013 qui avait comme titre Reflets. Depuis notre ensemble a pris ce nom. Notre but est de proposer de la musique de chambre, en allant vers des répertoires méconnus. En unissant Liszt et Boulanger, nous ressentions une exhalation poétique et une nostalgie profonde. Nous reprenons aussi trois sonnets de Petrarque : 123, 104 et 47. »

La pianiste Marie-Laure Boulanger a lancé l’association Piano Cantate en 2007.
Pour le projet de ce second volume trio et voix, Marie-Laure Boulanger signe les arrangements pour soprano, alto, piano et flûte. Ce n’est pas nouveau d’ailleurs qu’elle se mette à sa table de travail et couche des notes sur des partitions, comme d’autres s’éveillent à l’écriture, la peinture ou la sculpture dans l’ombre de leur logis, gardant secrètes leurs inspirations. Elle est de cette étoffe, bien qu’elle ait suivi un cursus d’orchestration avec Michel Merlet, qu’elle n’a pas mis encore à profit, tout comme son diplôme de direction d’orchestre pour l’instant rangé dans un tiroir à mystères : « Composer, c’est se dévoiler et c’est comme diriger. Un de mes professeurs m’avait dit que ce n’était pas un métier pour une femme. Les choses ont changé. Il avait ajouté : il faut entendre ce que disent les musiciens d’orchestre. Il m’a dit aussi qu’il existait deux sortes de chef : celui qui oblige à jouer et celui qui laisse jouer. C’est très formateur, car le retour est immédiat. On est jugé au bout de cinq minutes. On n’est pas instrumentiste, on est musicien. »

Si nombre de professionnels disent avoir posé leurs doigts dès la plus tendre enfance sur un instrument, Marie-Laure Boulanger a été patiente, avec la chance, assure-t-elle, de ne pas avoir grandi dans l’esprit de devenir une bête de scène ou de concours : « J’ai profité de mon enfance et de mon adolescence. A trois ans, je voulais être chanteuse d’opéra, on me dit que j’écoutais les vibrations et que je posais l’oreille sur le piano pour écouter le son. Maman était musicienne, mais elle ne voulait pas m’obliger à pratiquer. Elle voulait que ça vienne de moi. J’ai commencé des cours au conservatoire à huit ans et demi. On m’a dit plus tard que certaines choses s’imprègnent entre quatre et neuf ans, et qu’après on ne l’apprend plus. » Ce hasard, ou l’influence d’une bonne fée, l'amuse.

Autant que les conseils reçus. Remontant le fil de sa formation, Marie-Laure Boulanger se dit marquée par des rencontres d’importance. Elle cite le Hongrois György Sebök ou Pierre Sancan, d’autres bien sûr car tous ont apporté une pierre à son édifice intérieur ou extérieur. Elle ne cache pas que cette période singulière de ce printemps 2020 a développé, en elle, une forme d’introspection : « Ma première rencontre avec la musique a été un conte sur la musique de Schumann, Scènes d’enfants. C’était un coup de foudre musical pour piano seul. Un spectacle que j’ai repris plus tard avec des grands et des petits, des acteurs et des danseurs. La musique n’est pas un langage, c’est un vecteur. La relation entre un élève et un professeur dépend du niveau d’exigence. Un jour, un élève me rétorque : je n’ai pas le même niveau que vous. Je lui ai répondu : eh bien ! Rejoue ton morceau. Comme professeur, je n'attends pas de vénération. »

Marie-Laure Boulanger conserve de vagues souvenirs de sa prime enfance au Canada, même si elle se défend d’avoir ce trait commun avec nos cousins, vivant sous la fleur de lys : elle connaît ses origines françaises et se reconnaît dans les traits de caractères inhérents aux Bretons ou aux Béarnais, dont elle est souche. Si elle doit en retenir un seul, elle cite l’opiniâtreté, en retrouvant l’accent de la Belle Province, voire en l’amplifiant d’un rire solaire : « Ce qui me manque, ce sont les grands espaces. Quand je suis arrivée à l’âge de quatre ans à Paris, nous habitions dans le VIIIe arrondissement, le parc Monceau était notre jardin. J’ai encore des cousins au Canada, plus au Québec, mais à Alberta où j'ai effectué une tournée de concerts. »

Ventoux-Magazine, par Bruno Alberro

L’ensemble Reflets a sorti chez Calliope son deuxième opus : « Visions poétiques ».

Enregistrées en mai 2019, onze plages comparent, à presque cent ans d’écart, les univers de Franz Liszt et de Lili Boulanger, morte à 24 ans, en 1918, quelques jours avant Claude Debussy.
Le CD ouvre avec trois sonnets de Petrarque de Franz Liszt dans un arrangement original de Marie-Laure Boulanger pour piano, alto et flûte ; ils sont suivis de « Romance oubliée », pour piano et alto, et Bénédiction de Dieu dans la solitude, pour piano, extrait de « Harmonies poétiques et religieuses ». Chez Lili Boulanger, l’ensemble Reflets a emprunté : D’un vieux jardin ; D’un jardin clair ; Pièce en fa # ; Nocturne ; les deux trios D’un matin de printemps et D’un soir triste, avec Clara Strauss, violoncelliste à l'Orchestre de L'Opéra National de Paris.
L’ensemble Reflets est composé de la soprano Magali Léger, de la pianiste Marie-Laure Boulanger, de l’altiste Francoise Douchet et du flûtiste Thierry Durand.

Renseignements au label Calliope: www.calliope-records.com